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Dracula - Entre l'amour et la mort

2005

Dracula - Entre l'amour et la mort

Pendant quelques années Bruno Pelletier a gardé l’idée de la création de sa propre comédie musicale. En 2003 quand Bruno était en tournée pour «Un monde à l'envers» à travers le Québec, le producteur de la «Zone 3» Paul Dupont-Hébert l’a contacté pour lui demander s’il était encore intéressé par les comédies musicales. Refusant la participation dans plusieurs d’entre elles, Bruno voulait mettre en œuvre son propre projet – la comédie musicale «Dracula». Dupont-Hébert a présenté Bruno à Richard Ouzounian qui avait une expérience du travail sur une comédie musicale pareille à Broadway, et c’est avec ce dernier qu’ils commencèrent à créer le livret basé sur le best-seller mondial de Bram Stocker «Dracula».

L’action de la comédie musicale «Dracula – Entre l’amour et la mort» se passe entre le XV et le XXI siècle. Le prince gerrier condamné aux souffrances éternelles à cause de sa bien-aimée perdue passe à travers les siècles pour retrouver son Elhemina au nom de laquelle il fait de terribles crimes. En 2050 le prince des ténèbres rencontre une charmante altermondialiste en laquelle il reconnaît son épouse qui lui a donné l’immortalité 500 ans avant... Autrefois gerrier menaçant, il est aujourd’hui le prisonnier de l’éternité qu’il a choisi pour l’amour d’une femme. Un amour perdu qu’il a juré de retrouver à travers les siècles. Le prince ne reculera devant aucun obstacle pour achever sa recherche et découvrira en même temps toute une autre conception de l’homme et du mal.

C’est Roger Tabra, poète québécois connu, auteur de plusieurs hits et de textes pour Eric Lapointe et Dan Bigra, qui s’est engagé à l’écriture du livret. Simon Leclerc qui a travaillé avant sur les arrangements de l’album de Noël de Bruno Pelletier a composé la musique pour des artistes concrets en tenant compte de leurs qualités vocales, tempéraments et à la particularité de leurs rôles.

Le spectacle «Dracula – Entre l’amour et la mort», interprétation originale du roman de Stocker, est l’histoire d’un prince gerrier qui pour l’amour d’une femme prétendue à porter «le signe du Diable» accepte une malédiction éternelle pour être avec elle. Après qu’on a tué sa bien-aimée, s’enfonçant dans l’abîme du désespoir, il vagabonde, solitaire éternel, ayant soif du sang et recherchant sans répit celle pour laquelle il a sacrifié tout et sans qui il ne pourra pas trouver la paix.

Habitué à être son propre auteur, directeur artistique et metteur en scène Bruno Pelletier voulait toujours pénétrer en coulisses, essayer d’être directreur artistique et metteur en scène d’un grand spectacle. C’est le fameux metteur en scène ukrainien Gregory Hlady qui habite depuis longtemps à Montréal (spectacles «Hystérie», «Idiot», les films «Vilains Cygnes», «Exilé», «Marais» et autres) qui a été invité à aider Bruno à incarner ses idées.

Ainsi «Dracula» est devenu l’un des rares spectacles qui a été produit entièrement par des Québécois. Au printemps 2004, les premières auditions ont eu lieu, de longues recherches d’artistes ont commencé. Enfin pour les rôles des cinq personnages principaux, on a invité les jeunes chanteuses québécoises Andrée Watters (Elhemina, Mina), et Gabrielle Destroismaisons (Lucy), le chansonier Daniel Boucher (Ranfield) et les chanteurs connus et expérimentés Sylvain Cossette (Jonathan) et Pierre Flynn (Van Helsing). En plus Brigitte Marchand, Elyzabeth Diaga et Rita Tabbakh ont interprété les séduisantes vampiresses qui accompagnent Dracula.

L’un des signes caractéristiques du spectacle est un vaste décor à deux niveaux qui remplit la scène mais qui permet en même temps de se mouvoir librement. Une plate-forme se transforme en plusieurs dispositifs, de divers images qui apparaissent sur les écrans installés partout (à l'arrière-plan, sur le rideau, dans les encadrements, sur les décors).

Pendant le spectacle deux musiciens se joignent à la musique enregistrée d’avance– un guitariste et un pianiste qui jouent sur scène «in live». Quelques chansons en ukrainien comme «Tsvité teren» ont ajouté de l’exotisme au spectacle, de plus on entend quelques phrases en ukrainien: «liubov i smert’», «liubov moia» et aussi toutes sortes de formules d’exorcisme. Il faut aussi rendre justice à l’originalité des costumes, sutrout celui de Dracula. Le concepteur des costumes, Jean Philie, a décidé d’éviter le noir et a fait le choix en faveur du cuir naturel ce qui a conféré au personnage une sensualité sauvage. Il a utilisé le même procédé pour les costumes d’Elhemina et des vampiresses.

Après la première, le spectacle a eu une critique assez bienveillante. Bien que les critiques prétendent que les décors sont «surchargés» et que le sujet n’est pas assez clair, tous mentionnent le jeu magnifique des artistes pour la plupart desquels c’était une première expérience de jeu sur scène, leurs excellentes qualités vocales, le bon choix des chansons et des arrangements. Bruno Pelletier a avoué que certains moments sont à peaufiner, à mettre au point, mais que le spectacle se perfectionne chaque jour au cours de la représentation.

En ce qui concerne le protagoniste, les critiques sont unanimes: «Bruno Pelletier dans le rôle principal s’est surpassé. Il n’a jamais été si obsédé par son personnage, son interprétation n’a jamais été si convaincante. En pleine possession de son corps, de ses gestes il disparaît complètement pour faire place à son personnage – séduisant, sexuel et menaçant en même temps. Pelletier nous montre plus qu’une belle voix, il est beau et majesteux comme un roi». Les auteurs ont eu pour but non seulement une histoire moderne à nous raconter mais aussi l’histoire du monde contemporain. Et c’est le côté le plus positif de ce «Dracula» québécois – le message adressé à ce monde que nous détruisons de nos propres mains, aux guerres qui n’en finissent pas, à la religion qu’on traîne dans la boue, à la destruction de nous même devenue notre mode de vie, à l’avenir qui est menacé... et aussi au besoin de combattre pour ce dont on croît sans baisser les bras, ce besoin d’avoir des convictions et du caractère.

En moins d’un an le spectacle a parcouru tout le Canada francophone et en janvier 2008 la troupe de «Dracula» s’est rendue à Lyon (France) pour présenter au public une série de spectacles à la «Maison de la Danse». Le spectacle a réuni des fans de plus de 20 pays d’Europe et du monde entier, il a eu une belle critique dans la presse française. La version québécoise du spectacle filmée en automne 2006 a été reproduite sur un DVD paru en 2008.

Dans l’ensemble «Dracula – Entre l’amour et la mort» c’est un spectacle de qualité qui a réuni beaucoup de gens de talent et qui mérite d’être estimé comme une tentative de s’élever au-dessus de la légende connue et de regarder l’humanité des yeux de l’immortel.

 

Personnages

Dracula, Comte Vlad Tzepès, vampire-philosophe, cruel et prêt à n’importe quoi pour atteindre son but.

Elhemina: reine des vampires, femme de Dracula qui lui a accordé l’immortalité.

Mina: altermondialiste, militante de futur.

Jonathan: journaliste, fiancé de Mina.

Van Helsing: médecin, savant, croyant en Dieu, il se rend en misson humanitaire en Europe Orientale.

Lucy: fille de Van Helsing, jeune fille confiante qui a passé la plupart de ses jours sous un contrôle vigilant de son père et qui ne connaît pas la vie.

Renfield: photographe, cameraman, fou, toxicomane qui tombe facilement sous l’influence de Dracula.

Vampiresses: des créatures séduisantes et sexuelles mais extrêmement dangeureuses qui accompagnent Dracula partout.